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 Dans toutes les larmes s'attarde un espoir (PV Llew')
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Alouarn Grimgorson
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MessageSujet: Dans toutes les larmes s'attarde un espoir (PV Llew')   Jeu 6 Aoû 2015 - 17:58



Il y a pire que la mort. Il y a la perte de l’espoir !



PARTICIPANTSAlouarn Grimgorson & Llewellyn Abernathy
Résumé • Novembre 2013. Après le premier cours d’histoire de la magie avec les premières années, Alouarn se rend dans son bureau et se prépare à accueillir Llewellyn Abernathy. Ce jeune élève semble être studieux, mais il n’a pas apprécié le chocolat chaud. Le professeur se pose quelques questions, mais rien de bien grave, jusqu’à ce qu’il retrouve le dossier de l’enfant. Ce qu’il va découvrir va soulever plus d’interrogations qu’amener de réponses. Intrigué, il décide de faire plus ample connaissance avec son interlocuteur.



Dans toutes les larmes s’attarde un espoir.


Mon cours avec les premières années étant terminé, je rangeais mes affaires et me dirigeais vers mon bureau. J’avais une heure de libre avant d’avoir cours avec les cinquièmes années. C’est pour cela que j’avais demandé à Llewellyn Abernathy de venir me voir. Non pas qu’il avait fait quelque chose de mal, mais son comportement m’intriguait. Je rentrais dans la pièce et fermais la porte. Il ne manquerait plus que je tombe malade à cause des courants d’air.

Où était ce dossier ? Je regardais autour de moi : où que mon regard se pose, c’était un amas de grimoires et de parchemins. Autant mes cours étaient très bien organisés, du moins je l’espérais ; autant mon bureau était un vrai capharnaüm. Je n’étais là que depuis quelques jours et, contrairement à ce que j’avais dit à mon grand-père, je n’étais pas encore tout à fait installé. Les dossiers des élèves étaient posés à même le sol. Je cherchais la pile qui m’intéressait : je finis par la trouver derrière un carton. Je saisis les documents qui concernaient mon jeune élève.

J’ouvris la chemise et commençais à le feuilleter. Il n’y avait pas grand chose à l’intérieur. Je fus surpris de lire que la scolarité du jeune était prise en charge par le ministère de la magie anglais. Plus étrange encore, il y avait des menus établis pour une quinzaine. Je lis le tout, et me rendis bien vite compte que les aliments proposés étaient pauvres en matières grasses et en sucre, comme si le corps du jeune élève ne supportait pas une certaine alimentation. Que lui était-il arrivé pour qu’il en soit là aujourd’hui ?

Je posais le dossier sur mon bureau, en face de mon fauteuil. Il était temps que je fasse un peu de place avant que monsieur Abernathy n’entre dans cette pièce. Je pris une pile de livres, et commençais à les ranger dans une bibliothèque murale. Mon grand-père m’avait appris plein de choses, entre autre que chaque action, aussi petite soit elle, avait des conséquences. Ainsi, ne pas utiliser la magie pour se faire un chez soi bien convenable était l’une de mes priorités : je prenais plus facilement conscience des objets.

Une fois que j’eus terminé, je mis de l’eau dans la bouilloire et la fis chauffer. Je débarrassais la table rapidement, laissant ainsi un large espace où nous pourrions discuter tranquillement. Je sortis deux tasses d’un carton, et vins les poser sur deux coupelles. Est-ce que nous aimions le thé lorsque nous étions en première année ? A cet âge là, nous nous éveillons au goût. Mais il est vrai que ce breuvage était assez spécial. Il fallait aimé pour pouvoir l’apprécier. Je finis par sortir une bouteille d’eau et la posa en face d’une des deux chaises qui prenaient place à côté de mon bureau.

Je m’étirais, poussant un petit cri de contentement. Une alarme retentit, indiquant que l’eau était à bonne température. Je sortis la théière, mis les feuilles de thé, et versais la liqueur sur ces dernières. Une bonne odeur de fruits rouges vint se mélanger à l’arôme des grimoires et des parchemins. Je me mis à fredonner une petite chanson. Je vins poser une corbeille à fruits sur ma table de travail, espérant que les elfes de maison viendraient la remplir assez rapidement. Je n’avais rien à proposer à mon invité, voilà qui était embêtant.

Je fus sauvé par le gong. On frappa à la porte. Me trouvant juste à côté, une pile de parchemins dans les bras, j’ouvris tant bien que mal, n’ayant pas de quoi ouvrir cette dernière magiquement. Et puis, je préférais nettement ces petits plaisirs de la vie qui me rendaient vivant. Certains pourraient dire que je suis contre la magie. Ce n’était pas totalement vrai, ni totalement faux.

Je saluais chaleureusement les deux elfes de maison qui entrèrent chargés de fruits en tout genre : il y avait des pommes, des noix, du raisin, et des poires. De quoi se régaler ! J’aimais particulièrement croquer dans ces derniers. Je les remerciais d’un signe de la main, et ils partirent. Voilà une très bonne façon d’apprendre à connaître le jeune Llewellyn. Je m’assis et sortis un casse-noisettes. Je pris une noix et la plaçais dans l’appareil : j’eus du mal à casser la coque. Je dus donc forcer un peu pour accéder au cœur même de mon fruit.

Tout en dégustant ma noix, je réfléchissais à la façon dont j’allais aborder mon élève. Je n’étais pas sûr que la meilleure solution soit de le convoquer dans mon bureau. La plupart du temps, lorsqu’un étudiant était convié par un professeur, ce n’était pas pour parler de la pluie et du beau temps. C’était d’ailleurs fort dommage qu’il n’y ait pas plus de relationnel entre le corps enseignant et les élèves. Il devrait être possible de converser sans peur de la punition. On frappa à la porte. Ca devait être lui. Je me levais alors calmement : je défroissais ma robe de sorcier, et c’est alors que je dis :

❝ ▬ Entrez monsieur Abernathy ! N’ayez pas peur ! Je ne vais pas vous manger !❞




J’avais opté pour le vouvoiement. Nous nous connaissions à peine. Il était donc normal que je garde mes distances… Pour le moment ! Je comptais bien venir en aide à ce petit bout de choux. De plus, j’étais sûr que notre collaboration allait être fructueuse ! Je partais du principe que nous avions toujours à apprendre d’un plus petit que soi. Des questions me brûlaient les lèvres, mais je me devais, pour le moment, de les garder pour moi. Tout en lui désignant la chaise en face de la tasse et de la bouteille d’eau, je repris la parole sur un ton chaleureux, un léger sourire s’affichant sur mon visage :

❝ ▬ Je vous en prie, asseyez-vous. Je vous laisse, en revanche, fermer la porte derrière vous. Je déteste particulièrement les courants d’air ! Comment se passent vos journées ? Comment les occupez-vous ? Oh, ne prenez pas mal mes questions. J’essaie d’en apprendre un peu plus sur mes élèves. Et vous m’aviez l’air fort studieux durant le cours d’introduction. Ne vous inquiétez pas : tout ce qui se dira dans ce bureau restera entre vous et moi. ❞

Je commençais doucement : les questions plus… indiscrètes viendront ensuite. Je voulais le mettre à l’aise. Je lui servis un peu d’eau dans sa tasse et vins déposer une pomme bien croquante et juteuse à côté de la bouteille. Je le regardais d’un air bienveillant, et lui souris franchement pour l’encourager à parler. Je finis par me lever : je retirais les feuilles de thé de la théière et versais le breuvage dans mon récipient. Je mis un peu de miel et me mis à touiller doucement, pour que la liqueur se mélange au produit des abeilles.

❝ ▬ Veuillez m’excuser pour le désordre de mon bureau, je n’ai pas encore eu le temps de finir de m’installer. J’espère néanmoins que ça n’altèrera en rien notre échange.❞


Je bus une gorgée de mon breuvage, attendant, un sourcil levé, les réponses à mes questions. Je ne savais pas vraiment comment m’y prendre avec les enfants, et je n’étais donc point sur que je n’en faisais pas trop, voir pas assez. Etait-ce un mal de vouloir être proche de ses élèves ?




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MessageSujet: Re: Dans toutes les larmes s'attarde un espoir (PV Llew')   Jeu 6 Aoû 2015 - 21:53
La journée avait pourtant bien commencé. Un cours intéressant, la peste de la classe était restée à l'écart, pour le moment, Llew ne s'était pas - TROP - ridiculisé, avec ses questions naïves.
Bon, il y avait bien eu "l'incident" du chocolat chaud, servi par le prof. Drôle d'idée, soit-dit en passant, mais bon, il avait réussi à esquiver le problème en laissant la tasse refroidir, sur le coin de son bureau, puis en faisant semblant de l'oublier.

Alors pourquoi, par l’Épée d'Arthur, pourquoi avait-il été convoqué par le professeur Grimgorson, à la fin du cours ?
Il avait beau chercher, retourner tous les évènements du cours dans sa tête, il ne voyait pas quelle bêtise il avait bien pu faire. Il avait été poli et respectueux, sans être servile ou flagorneur, été appliqué et studieux, mais sans excès, avait posé quelques questions, sans zèle intempestif ...
Non, vraiment, il ne voyait pas ce qu'il avait pu faire pour mériter des remontrances.

Parce qu'il semblait évident qu'une convocation dans le bureau d'un professeur juste à la fin du cours était de mauvais augure, au vu des ricanements des autres élèves, des petits gestes encourageants, genre index passé lentement en travers de la gorge, ou simulation de pendaison, cou saisi à deux mains et langue pendante.

C'est donc passablement inquiet, le visage défait, presque au bord des larmes que Llewy alla toquer contre la porte du bureau, au fond de la classe désormais déserte, comme un coup d’œil par dessus son épaule l'avait confirmé.

❝ ▬ Entrez monsieur Abernathy ! N’ayez pas peur ! Je ne vais pas vous manger !❞

Le petit garçon avala sa salive, avec un Gloups ! audible, puis poussa la porte. Il marqua une pause, interdit, en voyant l'intérieur de la pièce qui semblait avoir reçu la visite d'au moins une vingtaine de cousine furieuses.
Du coin de l’œil, un mouvement, une ombre blanche, une présence rassurante ... un peu. Il valait mieux crever l’abcès tout de suite :

Ze suis désolé, Professeur, Ze vous zure que z'ai pas fait exprès !

Avant que le serpentard n'ait eu le temps de s'expliquer plus, le professeur Grimgorson entra dans un accès de logorrhée, allant trop vite pour que Llew réponde :

❝ ▬ Je vous en prie, asseyez-vous. Je vous laisse, en revanche, fermer la porte derrière vous. Je déteste particulièrement les courants d’air ! Comment se passent vos journées ? Comment les occupez-vous ? Oh, ne prenez pas mal mes questions. J’essaie d’en apprendre un peu plus sur mes élèves. Et vous m’aviez l’air fort studieux durant le cours d’introduction. Ne vous inquiétez pas : tout ce qui se dira dans ce bureau restera entre vous et moi. ❞

Llewellyn, la bouche ouverte, bloqué sur la réponse qui devait venir en premier, lança un regard perdu vers ArienBran, posté sur un étrange trépieds d'artiste, porteur de feuilles de ... parchemin? blanc, légères, voletant au moindre souffle. En réponse à la mimique du volatile, il haussa les épaule referma sa bouche avec un claquement sec, puis la porte derrière lui avec douceur.
Il se dirigea ensuite vers la chaise indiquée, remarquant la tasse que le professeur venait de se servir, avec sa vapeur, révélatrice d'eau bouillante, mais pas que, selon son nez, puis la tasse d'eau qu'il venait de recevoir, accompagnée d'une pomme. La différence de traitement, par rapport au chocolat chaud de cours, lui rappela que sa présence avait surement une cause ... désastreuse, contrairement à l'entrée en matière du professeur.
Il ne put retenir un nouveau Gloups ! , avant de s'asseoir sur le bord de la chaise, mal à l'aise au possible.

Vous ... voulez de l'aide pour ranzer, p - Professeur ?
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Alouarn Grimgorson
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MessageSujet: Re: Dans toutes les larmes s'attarde un espoir (PV Llew')   Dim 9 Aoû 2015 - 12:33



Il y a pire que la mort. Il y a la perte de l’espoir !



PARTICIPANTSAlouarn Grimgorson & Llewellyn Abernathy
Résumé • Novembre 2013. Après le premier cours d’histoire de la magie avec les premières années, Alouarn se rend dans son bureau et se prépare à accueillir Llewellyn Abernathy. Ce jeune élève semble être studieux, mais il n’a pas apprécié le chocolat chaud. Le professeur se pose quelques questions, mais rien de bien grave, jusqu’à ce qu’il retrouve le dossier de l’enfant. Ce qu’il va découvrir va soulever plus d’interrogations qu’amener de réponses. Intrigué, il décide de faire plus ample connaissance avec son interlocuteur.



Dans toutes les larmes s’attarde un espoir.


L’astre jaunâtre répandait un miel des plus exquis sur notre bonne vieille planète. Il allongeait ses multiples bras, ses doigts se jouant des ombres de dame nature. Grand-père me répétait souvent que le monde façonnait les hommes et que la lecture de leurs comportements pouvait en dire long sur leurs pensées. Grand-père mettait un point d’honneur sur un fait : comprendre la race humaine. Il n’avait jamais vraiment voulu faire de la sorcellerie : le seul art qu’il adorait c’était la connaissance ! Il m’avait transmis cette passion : non pas que j’étais contre la magie, mais disons que je préférais le contact direct avec les objets et mes interlocuteurs. Je retins un soupir : je ne voulais pas le mettre plus mal à l’aise qu’il ne l’était déjà.

J’approchais ma tasse de mon visage, laissant ainsi des voluptés de fumée se répandre dans les airs. A travers elle, j’observais mon jeune élève. Je n’avais pas manqué l’hésitation qu’il avait eu lorsqu’il avait ouvert la porte : il semblerait que ce capharnaüm le gène quelque peu. Je pourrais utiliser un sortilège qui permettrait à toutes mes encombrantes affaires de prendre une place dans mon bureau… Cette méthode ne me convenait guère : je ne pourrais prendre pleinement conscience de l’espace qui m’entourait.

Ma tirade semblait beaucoup l’affecter, comme si le flot d’informations qui lui parvenait était beaucoup trop intense. Je ne pus que froncer légèrement les sourcils. Son attitude m’amenait à me poser des questions. Il s’était excusé pour quelque chose. Pourquoi cherchait il désespérément à faire bonne figure ? Il était tout à fait dans ses droits. A bien y réfléchir, je n’aurais peut être pas du le convoquer dés le premier cours. A mon époque, nous étions conviés individuellement dans le bureau d’un professeur lorsque nous avions fait une bêtise, rien de bien extraordinaire. Il arrivait parfois que nous soyons invité pour discuter de chose et d’autre, mais c’était souvent en petit comité, pas en tête à tête. Qu’avaient bien pu lui dire les autres élèves ? Mais, qu’importe pour le moment, il me fallait le rassurer.

Il lança un regard complètement perdu à quelque chose qui se trouvait derrière moi. Je me tournais, toujours la tasse à la main, et ne vit que mon trépied. Pourquoi jeter un coup d’œil vers un objet qui n’était pas du tout commun au monde des sorciers ? En avait-il déjà vu un ? Même s’il était plutôt bien utiliser dans les conférences et autres cours pour années supérieures, il était plutôt rare dans voir sur le marché. Il était plutôt vendu à des professionnels. Un petit garçon de son âge se serait bien retrouvé dans les livres et autres éléments plutôt que dans ce tableau.

Il produit un claquement sec avec sa bouche lorsqu’elle se referma. Je plissais les yeux tout en buvant une gorgée de mon breuvage qui, ma foi, n’était pas des plus mauvais. Qu’est ce qui l’avait incité à ne plus gober les mouches ? Son haussement d’épaules témoignaient d’une chose : il répondait au signe de quelqu’un. Il me faisait penser un peu à moi, lorsque je parlais seul et que j’inventais des amis imaginaires. Ces derniers avaient pris la forme d’hallucinations. Néanmoins, il était tout de même un peu jeune pour être schizophrène. Non, il devait y avoir autre chose.

Il ferma doucement la porte et se dirigea vers la chaise que je venais de lui indiquer : c’était la plus moelleuse des deux. J’avais pris garde à mes sièges : je voulais qu’ils soient déjà prêts à recevoir du monde. J’y avais donc installé des coussins. Les plus petits d’entre nous n’atteindraient le sol, mais qu’importe, du moment qu’ils étaient bien. Son regard se porta un instant sur ma tasse fumante, avant de se reporter sur ce que je venais de lui servir. Il n’y toucha pas. Pourtant, j’étais sûr de mon coup. Llewellyn était décidément un élève bien compliqué.

Comment en était-il arrivé là ? Que lui avait-on inculqué pour qu’il ne vive pas comme tout enfant de son âge ? Je sentais de la retenue dans ses gestes, comme un malaise qui ne le quittait pas. Je l’entendis ingurgiter difficilement. Il s’assit sur le bord de la chaise, ne profitant ainsi pas du coussin. Je fus quelque peu déçu, mais je ne le montrais pas. Mon corps avait bien assez parlé pour moi.

Je notais que depuis qu’il était entré dans la pièce, sa langue fourchait : il était donc victime d’un zozotement assez prononcé. Il confirma ce que je pensais : il était mal à l’aise, il avait peur, il se mit même à bégayer lorsqu’il me proposa de m’aider à ranger mon bureau. Non, quelque chose ne tournait pas rond, et je me devais de résoudre cette énigme. Ces pulsions dans son langage n’étaient pas des moindres. Quelque chose l’avait poussé dans son enfance à être de la sorte. Je n’étais pas psychologue, mais il ne fallait pas me prendre pour un imbécile !

❝ ▬ Et bien, monsieur Abernathy, ça m’ennuierait beaucoup que vous m’aidiez à ranger ce que je n’ai pas réussi à classer ! Il va de soi que votre proposition est généreuse, et, puisque cette proposition semble vous tenir à cœur, je vous suggère d’abord de boire quelques gorgées de cette eau, et de prendre des forces en mangeant cette pomme. ❞

Je pris une gorgée de mon breuvage : le liquide était brûlant. Il prit d’abord la peine d’attaquer mes lèvres et ma langue, avant de remonter vers le palet, et descendre dans le fond de ma gorge, laissant une trace de son passage. Je continuais alors, prenant garde à ne pas faire de discours trop long :

❝ ▬ Néanmoins, si vous préférez le thé, il est tout à fait possible que je vous en serve une tasse. Celui que je bois actuellement est un mélange d’agrumes et de fruits rouges. Ma foi, il n’est pas trop mal avec un peu de miel. ❞

Je m’empressais d’ajouter, repensant alors à ce que j’avais lu dans le dossier :

❝ ▬ Mais il est aussi très agréable nature. ❞





Je bus une nouvelle gorgée, avant de lancer :

❝ ▬ Bon, écoutez, je vais aller droit au but. Pendant le cours, j’ai bien vu que vous n’avez pas pris votre chocolat chaud. J’ai appris par la suite, grâce à votre dossier, que vous ne pouviez pas tout boire et manger. Je dois admettre que cela peut être du à une maladie, mais votre comportement parle pour vous. Vous êtes attentionné, très soigné, mais d’un autre côté, vous êtes conduits par la peur du lendemain, d’une simple rencontre. Votre régime alimentaire a du être adapté, et vous portez, sans vouloir vous offenser, des vêtements d’occasion. De plus, c’est le ministère de la magie lui-même qui subvient à vos frais de scolarité. Nous pourrions dire, d’une certaine façon, que vous êtes une pupille de l’état. Qui êtes-vous, monsieur Abernathy ? ❞

Puis, aussi soudainement que cela était venu, je reportais mon attention sur le bazar qui se trouvait tout autour de nous. Je pointais du doigt une pile de cartons qui contenaient différents grimoires de la magie.

❝ ▬ Nous allons commencer par là si tu le veux bien ! Je ne sais pas encore bien où nous allons les ranger ! Que penses-tu de l’armoire qui se trouve là ? ❞


Inconsciemment, j’étais passé du vouvoiement au tutoiement. Je lui parlais comme un père le ferait avec son fils. Je me baissais pour attraper quelques livres et vins les poser sur mon bureau. Je pris un air désolé :

❝ ▬ Dommage, ils ont été un peu abîmés pendant le voyage ! Mais bon, que veux tu, c’est les risques du métier ! Je ne suis pas sûr qu’ils rentrent tous dans la bibliothèque. Certains sont quand même très grands. Tant pis, il va falloir que nous essayons ! ❞




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MessageSujet: Re: Dans toutes les larmes s'attarde un espoir (PV Llew')   Dim 9 Aoû 2015 - 17:16
En y réfléchissant bien, Llewellyn avait remarqué quelques détails, quelques mimiques qui ne le réconfortaient pas vraiment. Maintenant assis, face au bureau, il avait le loisir d'y repenser, en un éclair, le professeur ne semblant pas du genre à laisser la conversation mourir.

D'abord, le froncement de sourcils, à peine est-il entré, que l'homme croyait surement avoir caché derrière la vapeur de sa tasse. Quoique, était-ce avant, ou après sa longue tirade ? Bref ...
Quoi qu'il en soit, le garçon était certain que son regard alentour avait été perçu, pourvu que l'homme en face de lui ne se méprenne pas, sa surprise venait du nombre de livres amassés partout, de la quantité pour une si petite pièce, pas du désordre ambiant ... enfin, pas trop ...

Ensuite, son regard vers le chevalet portant les drôles de feuilles blanches, il semblait que ce professeur soit assez perspicace pour l'avoir remarqué. Le serait-il assez pour comprendre que ce n'était pas l'objet en lui-même qui avait attiré son attention ? Avait-il vu le haussement d'épaules vers Bran ? S'était-il retourné avant ou après ? Llew n'en était pas sur, mais le regard inquisiteur du prof l'avait glacé ... ou du moins, il le glaçait ...maintenant, faisant courir un frisson rétrospectif sur sa peau.

Et cette façon de le jauger, d'examiner sa posture sur la chaise, ce regard lourd pesant chacune de ses actions, chacune de ses retenues ... Llew se sentait de plus en plus mal.

C'est alors que ça se produisit, que tout bascula. ArienBran venait de s'élancer du chevalet, et, en une longue glissade, de se poser sur le siège à côté de lui, lorsque le Professeur reprit la parole, rompant son analyse, ainsi que le silence qui l'avait permise. L'esprit de l'homme devait avoir longuement cheminé, lui aussi, durant ces deux longues, interminables secondes !

❝ ▬ Et bien, monsieur Abernathy, ça m’ennuierait beaucoup que vous m’aidiez à ranger ce que je n’ai pas réussi à classer ! Il va de soi que votre proposition est généreuse, et, puisque cette proposition semble vous tenir à cœur, je vous suggère d’abord de boire quelques gorgées de cette eau, et de prendre des forces en mangeant cette pomme. ❞

Le malaise était rompu, le soulagement du gosse devait être perceptible, aussi. Il se pencha en avant, pour se saisir du verre, qu'il but presque d'une traite. Il en laissa cependant une gorgée au fond, comme il l'avait lu dans cet ancien "Traité des Convenances" qu'il avait lu, enfant, dans son refuge du manoir, la bibliothèque abandonnée des Dames d’Avalon. Il se doutait bien que certaines des règles de savoir-vivre de l'antique ouvrage devaient être dépassées -désuètes ! aurait dit Nocta, de sa voix acide de fillette trop bien élevée - mais il n'avait que ces références. Personne n'avait pris la peine de l'élever, de lui enseigner le Bien et le Mal, c'était parfois difficile pour lui, de faire bonne figure, difficile et douloureux.

Il prit ensuite la pomme, chercha des yeux un couteau inexistant, puis se décida. Tout en la frottant sur le devant de sa robe  de Sorcier, il écouta le professeur continuer à parler.

❝ ▬ Néanmoins, si vous préférez le thé, il est tout à fait possible que je vous en serve une tasse. Celui que je bois actuellement est un mélange d’agrumes et de fruits rouges. Ma foi, il n’est pas trop mal avec un peu de miel. ❞
...
❝ ▬ Mais il est aussi très agréable nature. ❞


Il DEVAIT répondre ! Il fallait qu'il trouve quelque chose d’intelligent à dire...
Il avait moins peur, non ? ce professeur ne semblait pas méchant, juste un peu ... impressionnant, avec ses froncement de sourcils, ses paravents de vapeurs pour se cacher derrière ... et son capharnaüm.

C'est zentil, Professeur, merci, mais ze n'ai ... pas vraiment l'habitude du thé. Ze me doute que ça doit surprendre, pour un Anglais, mais ze n'avait pas vraiment l'occasion d'en boire, quand z'étais enfant.
Alors, en fait, ze ne sais même pas si z'aime ça ou pas, même si z'en ai dézà gouté depuis, hein ...


Llewy se rendit bien compte que ses babillages devaient sembler sans queue ni tête, et que ça risquait de lui attirer une rafale de questions supplémentaires. Alors, pour couper court, il entreprit, maladroitement, mais avec application, de couper sa pomme en deux, de ses mains nues. il marmonnait, sans s'en rendre compte, en s'escrimant sur le pauvre fruit.


Alors ... les mains comme ça, autour ... les deux pouces dans le trou de la queue, appuyer tous les doigts en même temps, faire tourner les deux mains dans pas le même sens et ... humff ... encore ...

Et le fruit céda, bien qu'à contre cœur, sur les insistances de l'enfant. Il se rompit par le milieu, en deux parties bien égales, sans s'écraser sous l'effort, ce qui était bien gentil de sa part. De stupéfaction, Llewy sauta sur ses pieds, et se mit à danser, devant le bureau, une moitié de pomme dans chacune de ses mains, qu'il tenaient bien haut pour que le monde voit son triomphe. Il dansait, heureux de son exploit, oublieux du prof et des sanctions qui devaient bien l'attendre, quelque part, loin ...


Z'ai réussi ! Z'ai réussi ! Youhou, regarde Bran, ze l'ai eu ! Ze suis trop fort ! Aussi fort que le Ssevalier des pommes, Haha !

Ce n'est que lorsque ledit Bran, avec un battement d'ailes, un croassement réprobateur et un regard impérieux, se percha sur le dossier de sa chaise, que la douche froide de la compréhension arrêta net la danse de victoire du garçonnet. Il se pétrifia sur place, rentra la tête dans les épaules, puis se tourna, lentement, comme au supplice, vers le professeur.


Euuuh ... Pardon, Professeur, ze crois que ... ze me suis laissé emporter. C'est la première fois que z'y arrive sans tout écraser ...

Il se rassit, tête basse gardant une moitié de pomme pour lui, et posant l'autre près de son verre, sur le bureau, après avoir hésité à la poser sur la seconde chaise, à coté de lui .

Le professeur, comme si rien ne venait de se produire, continuait à parler.

❝ ▬ Bon, écoutez, je vais aller droit au but. Pendant le cours, j’ai bien vu que vous n’avez pas pris votre chocolat chaud. J’ai appris par la suite, grâce à votre dossier, que vous ne pouviez pas tout boire et manger. Je dois admettre que cela peut être du à une maladie, mais votre comportement parle pour vous. Vous êtes attentionné, très soigné, mais d’un autre côté, vous êtes conduits par la peur du lendemain, d’une simple rencontre. Votre régime alimentaire a du être adapté, et vous portez, sans vouloir vous offenser, des vêtements d’occasion. De plus, c’est le ministère de la magie lui-même qui subvient à vos frais de scolarité. Nous pourrions dire, d’une certaine façon, que vous êtes une pupille de l’état. Qui êtes-vous, monsieur Abernathy ? ❞

Ho ho ! Llewellyn sentait le malaise revenir, on entrait dans le vif du sujet. Était-ce une illusion, son imagination lui jouait-elle des tours ? Il avait le sentiment que le ton du professeur, face à lui était devenu plus froid, plus tranchant, plus inquisiteur que jamais, aussi ...
Oui, Llew avait peut-être manqué de prudence, mais comment se douter que les Matrones pouvaient avoir recruté des agents masculins, cela semblait tellement en dehors de leurs habitudes, de leur misandrie obsessionnelle.
Quoique, ce n'était peut-être pas vraiment ça, cette allusion au ministère ... comme si les sorciers s'amusaient à se faire des cachotteries, entre eux, en plus de se cacher du monde non-magique, des moldus, comme ils les appelaient.

Le petit serpentard se cala contre le dossier de sa chaise, pomme oubliée dans la main. Il fallait en passer par là, il devait savoir sur qui compter, de qui se méfier, de qui avoir peur.


Très bien, Professeur, puisque vous posez des questions, ze vais ssersser les réponses. Pour faire court, ma famille d'orizine, les DuLac-LeFay, sont une très vieille famille, qui pratique la mazie depuis vingt siècles. Zusqu'au XVIII ou XIXème siècle, leur clan avait droit à une autonomie assez larze, la Couronne ayant assez à faire à régler ses problèmes avec l'Espagne, la France, les révoltes Irlandaises et Écossaises, puis Américaine.
Ce n'est que lorsque la politique Anglaise coloniale est devenue impérialiste, que le ministère de la mazie, tout récemment crée, a décidé de réunir tous les clans magiques dans le giron de la Couronne, sous le même gouvernement.
Il s'en est suivi de multiples guerres, qu'on a caché derrière la conquête des Indes. Certains Clans ont été détruits, d'autres, trop résistants, acculés à une paix honteuse, transformés en vassaux, presque sans contrepartie. Certains, enfin, avaient une telle puissance, que des contrats magiques, de vrais traités de paix, ont du être consentis par le ministère trop arrogant qui avait cru pouvoir triompher de tous en même temps.
Mon clan de naissance est de ceux là, et même si les Matrones se sont vues reléguées dans leur territoire, chèrement défendu, gravement amputé, elles en ont gardé le cœur, l' Ile d’Avalon, centre de l'antique royaume des Isles Lointaines. Ainsi que la douzaine d’ilots répartis tout autour.


Llewy n'avait pas senti la confiance le gagner, il n'avait pas remarqué la disparition de son zozotement. Il avait inconsciemment relevé son épaule gauche, quand Bran était venu s'y poser, et continuait son discours, à voix basse et détendu, le dos droit pour supporter l'oiseau.


Je ne connais pas toute l'histoire, mais je sais que ma présence à l'école est due à l'une des clauses du traité.
Et oui, ma famille est pauvre,malgré son sang pur, malgré son titre et sa souveraineté sur les Isles, le gouvernement y a veillé, d'après ce que disait la Matriarche. Il y a aussi, un autre détail. Dans le clan, il ne nait habituellement que des filles, je suis le premier garçon depuis soixante ans. Et personne ne voulait de moi, personne ne m'aimait, on a même jeté sur moi, quand j'étais bébé, un sort, pour me couper de ma magie. C'est l'Homme du ministère qui l'a annulé, il me l'a dit, quand il est venu me chercher au manoir. C'est grâce à ça que j'ai eu ma baguette, la vieille ne voulait pas m'en acheter, et c'était pas au ministère de la fournir, d'après le traité.
Alors, est-ce que je suis un pupille de l'état ? Ou une sorte d'otage-invité ? Une contrepartie ? Je ne sais pas, tout ce que je sais, c'est que la Vieille a des yeux partout, et surement des mains, aussi, prêtes à surgir de l'ombre, pour effacer l'erreur que je suis, ou que je suis devenu, depuis que l'attention du clan et de ses alliées, car elles existent, a été attirée.


Le garçon se laissa aller en arrière, en prenant quand même garde à l'oiseau. Sa tête toucha le dossier, il ferma les yeux, brièvement.


Z'aurais tellement voulu être un petit garçon normal. Et pas cette ... cette ssose que les autre regardent avec ... pitié, moquerie, dédain, mépris, tout ça...

La voix du professeur le tira de son auto-apitoiement, le força à rependre pieds dans la réalité.

❝ ▬ Nous allons commencer par là si tu le veux bien ! Je ne sais pas encore bien où nous allons les ranger ! Que penses-tu de l’armoire qui se trouve là ?
▬ Dommage, ils ont été un peu abîmés pendant le voyage ! Mais bon, que veux tu, c’est les risques du métier ! Je ne suis pas sûr qu’ils rentrent tous dans la bibliothèque. Certains sont quand même très grands. Tant pis, il va falloir que nous essayons ! ❞


Llew avait suivi le geste du professeur, et s'était levé pour approcher du bureau. il écoutait l'homme parler de ses livres, sans avoir remarqué le tutoiement. Il en prit un, passa sa main sur sa couverture. Il aimait le contact avec les vieux ouvrages, huma l'odeur de vieille poussière, qui lui rappelait les moment d’accalmie, de presque bonheur qu'il avait réussi à vivre dans la sanctuaire de la bibliothèque du manoir. Certains avaient l'air très vieux, très sages ...


Vous savez, Professeur ? Les vieux livres aiment la pénombre, le calme, ils n'aiment pas trop être dans un endroit de passage. Ils apprécient le silence, où leurs chuchotements deviennent audibles. Ils aiment raconter leurs histoires, et sont tristes quand personne ne parvient à les entendre.
La plupart du temps, ils se fichent de leur apparence, tant qu'ils ne risquent pas de se désagréger.
Mais je sais -un peu- les réparer, je sais les entretenir... Il faut juste ne pas trop les serrer.


L'enfant était devant l'armoire indiquée par le professeur, passant sa main sur les rayonnages choisissant soigneusement quel livre allait à côté de quel autre.
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Alouarn Grimgorson
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MessageSujet: Re: Dans toutes les larmes s'attarde un espoir (PV Llew')   Mer 12 Aoû 2015 - 21:06



Il y a pire que la mort. Il y a la perte de l’espoir !



PARTICIPANTSAlouarn Grimgorson & Llewellyn Abernathy
Résumé • Novembre 2013. Après le premier cours d’histoire de la magie avec les premières années, Alouarn se rend dans son bureau et se prépare à accueillir Llewellyn Abernathy. Ce jeune élève semble être studieux, mais il n’a pas apprécié le chocolat chaud. Le professeur se pose quelques questions, mais rien de bien grave, jusqu’à ce qu’il retrouve le dossier de l’enfant. Ce qu’il va découvrir va soulever plus d’interrogations qu’amener de réponses. Intrigué, il décide de faire plus ample connaissance avec son interlocuteur.



Dans toutes les larmes s’attarde un espoir.


Je n’avais dit mot durant le discours de l’enfant, laissant mon corps s’abreuver de ses paroles. Chaque son était un pas de plus vers nos histoires, nos joies et nos peines, nos illusions et nos déceptions. Les dernières notes s’envolèrent, tourbillonnèrent un instant, avant de s’évaporer aussi vite qu’elles étaient venues. Je regardais d’un œil presque paternel le jeune garçon qui caresserait doucement les rayonnages de sa ridicule petite main.

Pour son âge, l’analyse qu’il faisait des livres était assez impressionnante. Tout me laissait à penser qu’il avait vécu au milieu de centaines d’ouvrages : il était nettement plus à l’aise dans ce monde-là que dans celui des vivants. Son zozotement s’était peu à peu éteint, comme s’il avait pris de l’assurance. Il était entré dans une nouvelle dynamique qui, ma foi, me rendait d’humeur joyeuse. Je posais au fur et à mesure les romans sur mon bureau, les triant par sujet. Voyant que Llewellyn ne se désintéressait pas de l’étagère, je le laissais à ses occupations.

Je me décidais à ranger dans une commode en bois les dossiers des élèves, laissant celui de mon interlocuteur bien en vue sur la table basse en verre. Je classais les autres par année et par ordre alphabétique, ouvrant parfois l’un d’eux pour me remémorer quelques informations. Je jetais un coup d’œil à la pendule murale : l’heure tournait, et je n’avais pas encore éclairci tous les points qui méritaient la flamme d’une bougie. Je ne voulais néanmoins pas précipiter les choses : il fallait que je le comprenne, que j’apprenne à le connaître. Je pensais que ce petit garçon avait plein de choses à me transmettre. Un proverbe disait, à juste valeur, que l’on avait toujours besoin d’un plus petit que soi.

Je vins m’asseoir à mon bureau pour remplir quelques papiers. Je fis un peu de place et, alors que je poussais une pile de grimoires, une vieille feuille de papier s’échappa de l’un deux : elle dansa quelques instants dans les airs avant de venir se poser, d’un pas paresseux sur le sol, près de moutonneux morceaux de nuages. Je me baissais pour saisir le morceau de parchemin : la fenêtre s’ouvrit alors violemment, laissant entrer un vent glacial dans la pièce. Ma précieuse écorce fut entrainée par les impétueuses bourrasques : ces dernières me surprirent dans mon geste et m’enlevèrent le dessin. Car, oui, j’avais pu apercevoir les traits d’une jeune femme.




Ce portrait me plongea des années en arrière, lorsque mes pensées étaient obsédées par une seule idée : trouver la mystique île d’Avalon. Mais n’approche pas qui veut : les belles créatures qui s’y trouvaient ne se laissaient pas étudier comme de vulgaires bêtes de somme. De ce fait, je ne connaissais que ce que les livres et les rumeurs avaient bien voulu me dire. Je savais que mes informations étaient erronées : il fallait pourtant qu’on se le dise, je n’avais jamais abandonné l’idée de rencontrer un jour un descendant des dames d’Avalon. Elles avaient une culture bien à elles, et ma vision donnée par notre civilisation ne me permettait pas d’appréhender la leur sans idées préconçues.

Je me levais et me dirigeais vers la peinture : je me baissais, mes doigts effleurèrent avec délicatesse le visage de la jeune femme. En légende, nous pouvions lire : « Voici Viviane, protectrice des Isles Lointaines, au service des nombreuses légendes qui entourent la mystique et mystérieuse magie des dames d’Avalon. » J’étais jeune à l’époque où ce portrait avait été fait. Je m’étais imaginer mille et une choses à leur sujet, mais jamais personne n’avait pu contredire ou affirmer mes propos.

Je repensais aux histoires de monsieur Abernathy. Elles étaient dignes de rentrer dans les légendes. Pourquoi n’avait-il pas le même nom de famille que celle dont il semblait défendre les couleurs ? Non, il fallait que je me remémore ses mots exacts. Il n’y avait aucune forme d’affection qui avait transpiré de son discours. Il n’avait jamais été question de l’amour parental. Le respect dont il faisait preuve au départ en utilisant les mots « matrones » et « matriarche » avait laissé place à de la colère, à un visage que je n’avait fait qu’entrapercevoir. Entre nous, était-ce vraiment du respect ? Non, je me méprenais sur ses sentiments. Il y avait une rage profonde, certainement peu pas exprimée. N’était-ce pas malheureux que d’être l’objet d’un traité qui datait du XVIIIème ou du XIXème siècle ? Il avait été une chose depuis sa naissance, il avait été le centre d’intérêt de malsaines convoitises durant une dizaine d’années, et il avait miraculeusement survécu. Qu’avait-il du réellement subir pour en arriver là ?

Dans ses paroles, il était toujours question d’un traité entre le ministère de la magie et ces DuLac-LeFay. A bien y penser, ce nom de famille rappelait étrangement deux grandes figures d’Avalon. Il avait parlé de cette île, mais était-ce bien celle à laquelle je pensais ? Voilà un pan de l’Histoire avec un grand « h », je vous prie, que je n’étais pas sûr de bien connaître. Parfois, on sentait que la peur le prenait à l’estomac, se délectait de ses émotions enfantines, se jouait de ses sentiments en les réduisant à néant : elle voulait être la seule et l’unique. Son zozotement devait, en partie, venir de là.

Je me relevais, le parchemin à la main. Je me dirigeais de nouveau vers mon bureau et ouvris le grimoire d’où était tombé le portrait. Il y avait de nombreuses gravures, toutes réalisées lorsque je faisais mes études à Poudlard. A cette époque, j’avais de grands rêves et de beaux projets. Je souris en repensant à la vie que j’avais eue. J’aurais tant aimé que Llewellyn ne vive pas continuellement avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Il était encore jeune et avait tant à découvrir. C’est vrai. Il avait raison. Ce n’était pas un petit garçon comme les autres. Il était… spécial.

Je vins m’asseoir à même le sol, dos contre un mur, entre deux étagères, le livre entre les mains. J’ouvris l’ouvrage à la centième page. Tous mes camarades de septième année m’avaient laissé un petit mot. Qu’étaient-ils devenus ? A cette époque, nous rêvions tous de devenir des chasseurs de rumeurs, des aventuriers de la vérité. Nous étions une bande de copains qui croyait dur comme fer au pouvoir des légendes, des mythes, et autres histoires alléchantes. Merlin l’enchanteur avait été un modèle pour nous. Nous voulions tous lui ressembler. Un bruit me fit revenir à la réalité.

J’avais envie de partager avec ce petit bout de choux un peu de mon passé. Je voulais lui montrer que l’école était un bel endroit pour s’épanouir. Il devait prendre confiance en lui, apprendre à s’abandonner corps et âme à des adultes qui ne voulaient que son bonheur. Non, il n’était plus question qu’il vive l’enfer, ce calvaire. Je savais, ou du moins, je m’en doutais, qu’il devait en connaître un rayon sur la mythologie celtique et bretonne. Je ne doutais presque plus de mes déductions. Je lançais joyeusement :

❝ ▬ Llewellyn, mon grand, viens voir par ici ! J’ai quelque chose à te montrer. Viens, n’aies pas peur. Assieds-toi donc à côté de moi. Tu as assez de place ? Veux-tu que je me décale un petit peu ? ❞

Je lui souris et attendis qu’il se place pour continuer mes explications.

❝ ▬ Ceci est le grimoire des histoires passées, présentes, et futures. Il m’a été transmis par mon père, qui lui même le tien de son père. Il raconte la légende de petits garçons comme toi, qui sont venus apprendre la magie à l’école de sorcellerie. Les premières semaines ont été difficiles pour chacun d’entre eux. Vers qui se tourner ? Sur qui pouvait-on compter ? Et puis les années ont passé, et ils se sont faits des amis. Avec eux, ils sont partis découvrir le monde. Ils ont vécu d’extraordinaires aventures, jusqu’à ce que leurs chemins se séparent après les aspics. Avant de se quitter, ils se sont promis de transmettre leur grimoire à leurs descendances. Vu mes convictions, je ne pense pas avoir d’enfants. Il est grand temps que ce livre revienne à quelqu’un. Je te le confie : il te sera d’une grande utilité durant ton voyage initiatique. Pourquoi toi ? Il se trouve que, d’après ce que j’ai compris, tu as certaines affinités avec Merlin et les dames d’Avalon. Je ne veux pas en savoir plus, du moins, tant que tu n’es pas prêt à m’en parler. Mais si tu as besoin d’un confident silencieux, il sera te guider dans les moments difficiles. N’hésite pas à lui confier ce que tu as sur le cœur, il sera d’être de bon conseil. Tes ainés ont tracé différentes voies pour toi : je te laisserais choisir celle qui te conviendra le mieux. Laisse-moi te présenter quelques uns de tes compagnons. ❞

Je fis tourner rapidement les pages du vieux grimoire, pour arriver dans les premières. Je finis par tomber sur un visage : c’était celui d’un seigneur des bois. Je laissais le silence planer quelques instants sur notre duo, avant de demander :

❝ ▬ Sais-tu qui c’est ? ❞










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MessageSujet: Re: Dans toutes les larmes s'attarde un espoir (PV Llew')   Dim 16 Aoû 2015 - 20:15
Llewellyn avait fini de ranger la première pile de livres que lui avait confié le professeur. L'ordre dans lequel il les avait agencés ne devait rien au hasard, ni à une quelconque idée esthétique, d'ailleurs. Ils étaient rangés par affinité, par histoires à partager, par anecdotes à se confier entre eux. Après avoir posé le dernier, il murmura, presque plus pour lui-même qu'à l'attention de l'homme à son bureau :

- Il faut parfois déplacer les livres, pour leur permettre d'échanger les anecdotes avec d'autres voisins, eux aussi peuvent s'ennuyer et se lasser de côtoyer toujours les mêmes histoires ...

Il s'approcha ensuite du bureau et vit que le professeur avait préparé une autre pile, puis s'affairait à son tour à classer des dossiers dans une commode. Llewy approcha donc un escabeau de l'armoire et se mit à ranger la nouvelle fournée de livres dans les rayonnages du haut, prenant soin de les écouter pour les ranger par affinité, selon leur degré de curiosité propre. Cette tâche accomplie, l'enfant descendit de son perchoir, contempla son ouvrage, et eût un soupir satisfait. Il revint alors vers le centre de la pièce, voyant le professeur assis à son bureau, en train de noter quelque chose dans un dossier. En parlant de dossiers, il semblait en avoir oublié un, sur une petite table, près de la commode où le serpentard avait vu l'adulte ranger des papiers un moment plus tôt. Llew se préparait à le tendre au professeur, en lui faisant remarquer son oubli, quand il vit son nom sur la couverture de carton. Il se rapprocha du bureau, pensif, le dossier en main, sans même envisager de l'ouvrir. Dans le silence, seulement rompu par le bruit de la plume sur le parchemin, il finit par prendre une décision, et prenant une inspiration, il tendit le dossier vers l'Adulte.

- Pensez vous que je sois quelqu'un d'intéressant, professeur Grimgorson ? Croyez vous que j'aie ... vraiment ... ma place dans cette école ? Est-il possible que je ne sois vraiment qu'une erreur qu'il faille corriger, comme les Matrones le prétendent ?

C'est alors que la fenêtre s'ouvrir violemment, balayant la pièce, faisant voltiger un papier que le professeur avait tenté attraper. Posant le dossier sur le bureau, et le coinçant sous sa tasse presque vide, l'enfant alla fermer la fenêtre pendant que l'adulte courait après son dessin, car c'en était un, même si Llewy n'en avait perçu qu'un tourbillon de couleur dans la bourrasque. Revenant vers le bureau, il vit l'homme, le regard perdu bien au-delà de la feuille qu'il tenait, comme immergé dans les souvenirs qu'elle semblait avoir fait remonter à la surface. Quand celui-ci se remit en mouvement, presque comme un somnambule, pour venir remettre le dessin de jeune fille dans le grimoire, puis le feuilleter, le regard à peine moins vague, Llew se retint de faire du bruit, conscient que le moment était important pour son ainé. Ce n'est qu'après qu'il soit allé s'asseoir sur le sol, entre deux meubles, puis qu'il lui ait demandé de le rejoindre, que le temps reprit son cours.
L'enfant alla donc s'asseoir à côté de l'adulte, un peu gêné, un peu surpris, mais bien conscient que ce qui allait se dire à cet instant précis ne pouvait pas être anodin, que l'échange qui se préparait ne DEVAIT pas être pris à la légère. Malgré tout, il ne s'attendait pas à quelque chose comme ça !

❝ ▬ Ceci est le grimoire des histoires passées, présentes, et futures. Il m’a été transmis par mon père, qui lui même le tien de son père. Il raconte la légende de petits garçons comme toi, qui sont venus apprendre la magie à l’école de sorcellerie. Les premières semaines ont été difficiles pour chacun d’entre eux. Vers qui se tourner ? Sur qui pouvait-on compter ? Et puis les années ont passé, et ils se sont faits des amis. Avec eux, ils sont partis découvrir le monde. Ils ont vécu d’extraordinaires aventures, jusqu’à ce que leurs chemins se séparent après les aspics. Avant de se quitter, ils se sont promis de transmettre leur grimoire à leurs descendances. Vu mes convictions, je ne pense pas avoir d’enfants. Il est grand temps que ce livre revienne à quelqu’un. Je te le confie : il te sera d’une grande utilité durant ton voyage initiatique. Pourquoi toi ? Il se trouve que, d’après ce que j’ai compris, tu as certaines affinités avec Merlin et les dames d’Avalon. Je ne veux pas en savoir plus, du moins, tant que tu n’es pas prêt à m’en parler. Mais si tu as besoin d’un confident silencieux, il sera te guider dans les moments difficiles. N’hésite pas à lui confier ce que tu as sur le cœur, il sera d’être de bon conseil. Tes ainés ont tracé différentes voies pour toi : je te laisserais choisir celle qui te conviendra le mieux. Laisse-moi te présenter quelques uns de tes compagnons. ❞

La surprise la plus profonde paralysait l’esprit de Llewellyn. Il fallut un appel de Bran pour le tirer de sa stupeur. Il referma sa bouche d'un claquement, espérant de pas avoir bavé, ne sachant pas combien de temps il avait bien pu resté figé. Il se demanda pas pourquoi lui, le professeur ayant anticipé la question, il se demanda surtout comment faire pour que l'objet ne tombe ni sous les yeux de curieux potentiels, la confiance qu'il avait en ses camarades de chambres étant loin d'être absolue, ni entre les mains de personnes néfastes, voire malveillantes ...
Inconscient de son dilemme, ou faisant semblant de ne pas le voir pour en amoindrir l'importance, le professeur continuait.

❝ ▬ Sais-tu qui c’est ? ❞

- Je crois que je le reconnais, Professeur, c'est Derw'yn Gwybod, Chêne-qui-Sait, dans notre langue, l'Arbre de la Connaissance des anciens Celtes, celui auquel le dieu nordique Odin a sacrifié son œil pour obtenir l'omniscience.

L'enfant tendit le doigt, et voyant que l'homme ne réagissait pas, le passa sur la dessin.

- C'est une très belle gravure. Mais elle a l'air remarquablement récente, je pensais que tout le monde avait oublié les anciens Dieux et les vieux Esprits, en dehors des Isles Lointaines ...

Quand à votre Livre, Professeur, je suis très honoré, mais ... je ne peux pas le prendre, pas avec moi, il ne serait pas en sureté. Il y a trop de monde qui m'en veuille pour que je prenne le risque de me promener avec. Je veux bien le consulter, je suis même prêt à y consigner mes observations, pour ce qu'elles valent, mais je ne peux courir le risque qu'il vous soit volé, ou endommagé, par les serpents qui m'entourent et qui ne cherchent qu'à nuire, pour la plupart du moins.

Si vous connaissez un autre moyen, je suis prêt à l'entendre !


Le petit serpentard hésita, visiblement, avant d'ajouter, presque à voix basse :


- Quand à vous parler de ma famille, de ses origines, et de l'endroit où elle ... nous vivons, ça ne me gêne pas, mais ... ça risque de vous surprendre. La vérité est très éloignée de ce que les histoires, aussi bien moldues que magiques, racontent.
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MessageSujet: Re: Dans toutes les larmes s'attarde un espoir (PV Llew')   Ven 28 Aoû 2015 - 18:16



Il y a pire que la mort. Il y a la perte de l’espoir !



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Résumé • Novembre 2013. Après le premier cours d’histoire de la magie avec les premières années, Alouarn se rend dans son bureau et se prépare à accueillir Llewellyn Abernathy. Ce jeune élève semble être studieux, mais il n’a pas apprécié le chocolat chaud. Le professeur se pose quelques questions, mais rien de bien grave, jusqu’à ce qu’il retrouve le dossier de l’enfant. Ce qu’il va découvrir va soulever plus d’interrogations qu’amener de réponses. Intrigué, il décide de faire plus ample connaissance avec son interlocuteur.



Dans toutes les larmes s’attarde un espoir.


J’écoutais le petit garçon tout en regardant son doigt danser sur le dessin. Je me permis de laisser planer le silence quelques instants, me permettant ainsi d’ingurgiter tout ce que Llewellyn venait de m’offrir. Je vins à mon tour caresser la gravure, laissant ainsi mes phalanges prendre pleinement conscience de la puissance du personnage qui me faisait face. Je ne connaissais pas beaucoup Derw’yn Gwybod. Les livres que j’avais lus dans ma jeunesse en parlaient très peu. Je suivis d’un pas lent et mesuré les rides qui partaient de son nez et qui s’étendaient rapidement sur un visage vieillissant mais sage. Chêne-qui-Sait nous avait beaucoup inspiré, mes petits camarades et moi. Il était l’un de nos centres d’intérêts : nous avions fini par comprendre que les grimoires de notre monde ne nous apporteraient pas les réponses que nous attendions. De ce fait, nous étions partis du principe que l’Arbre de la connaissance avait du exister à une époque donnée et que, par conséquent, il avait éparpillé ses connaissances aux quatre coins du monde, transmettant ses savoirs à tout être vivant, que cela soit un seigneur des forêts, un simple roseau, ou un humain aussi cupide que stupide. Ainsi, nous avions rêvé que, quelque part dans notre arbre généalogique, nous avions un parent dont la science, aussi insignifiante soit elle, provenait de Derw’yn Gwybod. Nous étions donc tous un peu ses enfants puisque, d’une génération à l’autre, nous perpétrions une partie de son héritage. Cette théorie valait son pesant en cacahuètes. Nous n’avions jamais pu prouver la moindre petite parcelle de cette philosophie, mais nous nous étions accrochés à cette hypothèse.

Je reportais mon attention sur les dires de mon interlocuteur. Il n’avait pas encore pris conscience de son potentiel. Les questions posées sur sa personne en disaient long sur ce visage enfantin. Il manquait cruellement de confiance en lui, son zozotement venait appuyer cette pensée. De plus, il eut une hésitation quand à ses origines : non pas qu’il reniait sa famille, mais son embarras sur son appartenance même à leur monde était flagrant. Etait-ce d’elle que le jeune Serpentard avait peur ? Je ne savais que penser : d’un côté, nous avions la crainte d’une chose, certainement des matrones dont il avait parlé quelques instants plus tôt, comme si elles étaient le mal à éviter à tout prix ; d’un autre, nous avions une légère résignation, et une prise de conscience importante, il était néanmoins prêt à y consigner ses remarques, chose surprenante sachant qu’il refusait de le garder avec lui. Une question me vint à l’esprit : connaissait-il la confiance en autrui ? Son discours ne sonnait pas vraiment comme celui d’un garçon de onze ans. Il semblait dépité, comme si la vie ne pouvait lui offrir aucune rédemption. Il ne laissait pas ses qualités prendre le dessus, bien au contraire : le tout n’était qu’une succession sans fin de défauts. Il n’espérait plus en l’espèce humaine : le simple fait de penser qu’il vivait dans un monde qu’il croyait oublié de tous, hormis des Isles Lointaines, en disait long sur sa pénible solitude. Il continua avec une formule de politesse : était-il seulement honoré de ce présent ? Que cherchait-il vraiment à faire : voulait-il protéger le livre ou sa personne ? Il est vrai que cet ouvrage était une porte ouverte sur son passé, ses pensées, son être intérieur, et que les informations qui s’y trouvaient pouvaient, lorsque nous étions jeunes, être un moyen de pression. J’avais eu cette chance d’apprendre très tôt que je ne devais pas avoir honte de mes pensées et de mes convictions. Il était arrivé que mon grimoire tombe entre des mains qui n’étaient pas les miennes et, parfois, j’avais payé le prix fort : je m’étais fait des amis comme des ennemis. Certains évènements m’avaient fait entrer dans des colères noires, ou pleurer toutes les larmes de mon corps ; alors que d’autres m’avaient fait mourir de rire, me rappelant que la vie valait toujours la peine d’être vécue.

Géralt, mon hibou, entra précipitamment dans la pièce, un rouleau de parchemin dans le bec. Le papier était maintenu par un ruban de couleur rouge. Un cachet à la cire avait été apposé à la jointure des deux morceaux du cordon qui se rejoignaient. Je ne reconnus pas tout de suite les armoiries de ma famille, mais l’attache en disait déjà bien assez : c’était certainement Grand-Père qui répondait à ma lettre. Je me levais, laissant le grimoire ouvert sur le portrait du seigneur des forêts. Je pris la missive et donnais une friandise à mon animal de compagnie. Je la posais sur mon bureau : j’étais serein quand à son contenu. Je m’accroupis face au petit garçon et vins lui relever la tête en plaçant mes phalanges sous son menton. Je lui souris gentiment et plantais mon regard dans le sien. Je pris alors la parole sur un ton bienveillant :

❝ ▬ Tu sais, mon grand, la vie ne se trompe jamais dans son cycle. Il est donc impossible que tu sois une erreur. Je ne connais pas assez bien ces matrones pour émettre un quelconque jugement sur leurs personnes mais cela m’étonne que de telles pensées soient encore d’actualités. Chaque être vivant est unique et apporte sa pierre à l’édifice. Nous sommes tous intéressants, nous sommes la voix de notre peuple, nous sommes les comédiens d’une grande pièce de théâtre dont le final, et souvent les enjeux, nous échappe. Ainsi, nous n’avons pas une place définit dans ce monde où folie et raison se côtoient quotidiennement. Si tu as ta place dans cette école ? Je ne pense pas que tu devrais te poser la question. Au fond, que tu sois une pupille de l’état, un otage-invité ou une contrepartie, ça n’a pas grande importance… Pour le moment. Prends le temps d’apprendre qui tu es vraiment, où tu souhaites aller, ce que tu veux devenir. Tu auras bien le temps de t’occuper de ce que pensent les adultes quand tu seras plus grand. Je sais pertinemment bien que tu n’apprécies pas particulièrement ta famille et que, en l’occurrence, tu n’es pas à Poudlard grâce aux fruits du hasard. Mais il va falloir que tu passes outre ce traité. Tu ne peux malheureusement pas faire comme s’il n’existait pas puisque tu es ici par sa volonté. Vois cette opportunité comme une porte ouverte vers l’apprentissage de la vie. Que tu es plus de lacunes que d’autres ne veut pas dire que ta place est ailleurs. Essaies d’être le petit garçon qui sommeille au fond de toi : c’est celui-là même qui était le chevalier des pommes, il y a quelques instants de cela. Tu sais, tu es dans un milieu protégé, malgré les nombreuses brimades de tes camarades. Ne prends soin que de ceux qui en valent la peine, laisse les autres parler avec les bourrasques du vent. Comprends-tu ce que j’essaie de t’expliquer ? ❞

Je me dirigeais vers mon bureau et bus une gorgée de mon breuvage. Je pris la moitié de la pomme qui trônait à côté du verre et croquais dedans : elle était mûre comme je les aimais. Je souris, profitant des morceaux bien juteux qui craquaient sous mes dents.

❝ ▬ As tu des notions en français ? ❞





Il est vrai que je descendais d’une lignée française qui, ma foi, avait fait ses preuves dans la langue de Molière. Il n’était donc pas rare de croiser des annotations dans mon jargon maternel.

❝ ▬ Une observation est toujours bonne à prendre, même si elle est méchante ou déplacée. C’est comme ça que l’on apprend le langage verbal. Il va souvent de pair avec le vocabulaire corporel. Allie les deux et tu pourras comprendre beaucoup de choses sur la nature humaine. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses. Il y a une ligne directrice et des analyses. ❞

Je finis mon fruit tout en cherchant une solution au problème qu’il venait de me soumettre. Il est vrai que la première année était des plus terribles. Aujourd’hui, Llewellyn n’était pas en position de force, et il devait protéger son jardin, aussi secret soit-il. C’est alors que je pensais à la Salle sur Demandes. Je ne savais pas où elle était exactement : nous allions devoir chercher un peu. Ma seule certitude était qu’elle se trouvait quelque part au septième étage. Je pris le grimoire, et le refermais soigneusement, tout en demandant :

❝ ▬ As tu déjà entendu parler de la Salle sur Demandes ? ❞




Je laissais mes autres questions en suspend pour le moment. J’arriverais en retard en cours. Tant pis. L’instant que j’étais en train de vivre avec Llewellyn était tout aussi important.




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MessageSujet: Re: Dans toutes les larmes s'attarde un espoir (PV Llew')   Mar 1 Sep 2015 - 21:04
Le professeur avait écouté le petit garçon avec la plus grande attention, avec le plus grand sérieux. L'enfant s'était senti réconforté par cette écoute, il se sentait grandi par le regard attentif et amical de l'adulte. Quand l'homme se leva pour s'occuper de son oiseau familier, Llewy coula un regard vers Bran, à présent perché sur le dossier de la chaise qu'il avait occupé au début de l'étrange entretien. L'esprit semblait sourire, hochant parfois sa tête pour indiquer qu'il agréait la tournure que prenait la discussion.
Quand le professeur revint vers lui, le petit serpentard avait de nouveau le bout des doigts sur la gravure, les yeux mi-clos, comme s'il interrogeait d'obscures augures cachées dans le dessin. S'il fut surpris lorsque le professeur lui releva le menton, il n'en montra rien, du moins il l'espérait.

❝ ▬ Tu sais, mon grand, la vie ne se trompe jamais dans son cycle. Il est donc impossible que tu sois une erreur. Je ne connais pas assez bien ces matrones pour émettre un quelconque jugement sur leurs personnes mais cela m’étonne que de telles pensées soient encore d’actualités. Chaque être vivant est unique et apporte sa pierre à l’édifice. Nous sommes tous intéressants, nous sommes la voix de notre peuple, nous sommes les comédiens d’une grande pièce de théâtre dont le final, et souvent les enjeux, nous échappe. Ainsi, nous n’avons pas une place définit dans ce monde où folie et raison se côtoient quotidiennement. Si tu as ta place dans cette école ? Je ne pense pas que tu devrais te poser la question. Au fond, que tu sois une pupille de l’état, un otage-invité ou une contrepartie, ça n’a pas grande importance… Pour le moment. Prends le temps d’apprendre qui tu es vraiment, où tu souhaites aller, ce que tu veux devenir. Tu auras bien le temps de t’occuper de ce que pensent les adultes quand tu seras plus grand. Je sais pertinemment bien que tu n’apprécies pas particulièrement ta famille et que, en l’occurrence, tu n’es pas à Poudlard grâce aux fruits du hasard. Mais il va falloir que tu passes outre ce traité. Tu ne peux malheureusement pas faire comme s’il n’existait pas puisque tu es ici par sa volonté. Vois cette opportunité comme une porte ouverte vers l’apprentissage de la vie. Que tu es plus de lacunes que d’autres ne veut pas dire que ta place est ailleurs. Essaies d’être le petit garçon qui sommeille au fond de toi : c’est celui-là même qui était le chevalier des pommes, il y a quelques instants de cela. Tu sais, tu es dans un milieu protégé, malgré les nombreuses brimades de tes camarades. Ne prends soin que de ceux qui en valent la peine, laisse les autres parler avec les bourrasques du vent. Comprends-tu ce que j’essaie de t’expliquer ? ❞

Llewellyn essayait de redécouper le discours de l'homme accroupi face à lui, pour en remettre les morceaux allant ensemble dans un ordre qu'il soit susceptible de comprendre. Le cheminement mental devait se voir sur son visage, car le professeur ne l'interrompit pas avant qu'il réponde.

- Je crois comprendre, Professeur ... Vous me conseillez de prendre les choses comme elles viennent, de n'en garder que le bon, de laisser les chiens hurler à la Lune.
Et vous me dites aussi que les réponses que je cherche ne viendront que quand je pourrai les comprendre, c'est ça ?
En gros, vous me dites aussi qu'on ne peut entamer une quête, une aventure ou un défi que quand on en a l'âge, et que cet âge change pour chacun, qu'il dépend de quel héros on est ...


L'homme se releva, se dirigea vers le bureau et croqua en quelques coups de dents la demi-pomme que Llew avait laissée de côté pour Bran. Le garçon se demanda s'il devait en être outré ou amusé, mais dut se retenir de pouffer devant la danse outragée de l'Esprit sur le dossier de sa chaise, danse que sembla percevoir le familier du professeur, qui hulula d'une voix caverneuse.

Après quoi l'homme se retourna vers l'enfant, un étrange sourire aux lèvres.

❝ ▬ As tu des notions en français ?

Une observation est toujours bonne à prendre, même si elle est méchante ou déplacée. C’est comme ça que l’on apprend le langage verbal. Il va souvent de pair avec le vocabulaire corporel. Allie les deux et tu pourras comprendre beaucoup de choses sur la nature humaine. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses. Il y a une ligne directrice et des analyses.

As tu déjà entendu parler de la Salle sur Demandes ? ❞


Les questions et observations de l'adulte se succédaient, plongeant à chaque fois un peu plus l'enfant dans la perplexité. Il ne voyait pas bien où l'homme voulait en venir, ne comprenait pas vraiment le lien entre les phrases, et se demandait si les questions étaient de pure forme ou s'il lui fallait répondre. Il finit quand même par prendre la parole, ne voulant pas paraitre stupide.

- Non, Professeur, je ne connais pas le Français, même si je crois que j'en reconnaitrais quelques mots ... Vous pensez que je devrais apprendre cette langue ? Et le vocabulaire corporel, y'a des cours pour ça ?
Quand à la "Salle Sur Demande", je suis sur que ça ne me dit rien ...


Llewy était intrigué. Comment les derniers éléments de la conversation s'articulaient- ils entre eux ? Quel était le lien ? Voilà qui devenait passionnant !
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Alouarn Grimgorson
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MessageSujet: Re: Dans toutes les larmes s'attarde un espoir (PV Llew')   Mer 28 Oct 2015 - 8:57



Il y a pire que la mort. Il y a la perte de l’espoir !



PARTICIPANTSAlouarn Grimgorson & Llewellyn Abernathy
Résumé • Novembre 2013. Après le premier cours d’histoire de la magie avec les premières années, Alouarn se rend dans son bureau et se prépare à accueillir Llewellyn Abernathy. Ce jeune élève semble être studieux, mais il n’a pas apprécié le chocolat chaud. Le professeur se pose quelques questions, mais rien de bien grave, jusqu’à ce qu’il retrouve le dossier de l’enfant. Ce qu’il va découvrir va soulever plus d’interrogations qu’amener de réponses. Intrigué, il décide de faire plus ample connaissance avec son interlocuteur.



Dans toutes les larmes s’attarde un espoir.


Je posais le grimoire sur mon bureau. Je laissais mes doigts courir sur sa couverture. Ma main continua dans sa lancée et vint flatter la devanture de chaque ouvrage se trouvant sur les étagères. Je m’arrêtais un instant, pensant aux dires de l’enfant. Son inexpérience pouvait expliquer beaucoup de choses, mais ne pardonnait pas ses erreurs. Etais-je comme cela à son âge ? Avais-je ce don de me mettre dans le pétrin à chaque fois que j’ouvrais la bouche ? Lui était-il déjà arrivé de songer à la portée que pouvaient avoir ses mots ? Je m’assis à mon bureau, laissant mon regard se perdre dans les quelques nuages qui s’échappaient encore de ma tasse. Je laissais, bien malgré moi, un soupir s’échappait. Mon élève pourrait très bien l’interpréter mais je doutais qu’il sorte quelque chose de bon de son analyse, hormis une prise de conscience maladroite et bancale. L’homme, s’il n’arrivait pas à se détacher moralement et psychologiquement de la situation, ne tirera rien des états de ses conjoints. Il plongera toujours plus profondément dans l’erreur. En effet, si un événement touche de près un agent peu expérimenté, il aura tendance à prendre trop à cœur les faits et gestes des victimes comme des suspects. Au final, ce qui devait être un banal geste de routine, pouvait se transformer en un ridicule secret d’état. Je passais ma main dans mes cheveux : la langue comme le comportement n’étaient pas des sciences exactes mais ils permettaient d’en apprendre beaucoup sur le genre humain. Je pris une pomme, la frottais contre mon uniforme puis, après mûres réflexions, je la reposais dans la corbeille. Je me décidais par commencer à répondre aux questions de mon jeune interlocuteur en débutant par une anecdote :

❝ ▬ A ton âge, ou peut-être étais-je d’un an ton ainé, ma bande de copains et moi-même commencions à peine à nous connaître : nous avons scellé un pacte qui nous liait les uns aux autres jusqu’à l’obtention de nos aspics. Bien sûr, ce n’était qu’un serment d’étudiants mais, pour nous, il valait son pesant en or. L’une des clauses de ce traité voulait que nous apprenions à nous débrouiller dans la langue maternelle de chacun. En fin de cinquième année, nous étions capable de tenir des conversations de niveau moyen dans cinq langues hormis l’anglais que nous devions parler couramment pour suivre les cours à Poudlard. De mémoire, il y avait le français, le russe, le japonais, l’italien et l’allemand. Hormis le français que je pratique tous les jours, je n’ai pas beaucoup de souvenirs des autres langues, faute de les avoir peu ou pas utilisé. Je dois t’avouer, qu’à l’époque, c’était bien pratique pour avoir des discussions considérées comme top secrètes par notre petit groupe d’amis. Nous mélangions toutes es langues que nous connaissions pour n’en faire qu’une seule. Cela rendait nos professeurs complètement barges. Si tu dois apprendre le français ? Tu as toute la vie pour te décider. Que cela soit celle-ci ou une autre, du moment que tu t’amuses en apprenant. Et puis, savoir parler d’autres langues que nous avons tous appris dès notre naissance, c’est une première ouverture vers le monde. Au final, la décision te revient. Si tu te décides à apprendre autre chose que le français, je te traduirais les passages qui ne sont pas en anglais dans le grimoire. ❞

Je finis ma tasse de thé. Je voulus me resservir mais rien ne sortit de ma théière lorsque je vins pencher cette dernière au-dessus de mon récipient. Je mis de l’eau dans la bouilloire et mis le tout à chauffer. Je choisis le parfum qu’aura ma liqueur, puis versais les herbes dans le bocal : ananas, vanille. Ca ne devait pas être mauvais. J’en proposais à Llewellyn :

❝ ▬  Veux-tu tenter l’expérience du thé ? ❞





Et, avant même qu’il ne me réponde, je lui sortis une tasse. Je la posais à côté de son verre : oserait-il refuser ? Je me mordis les lèvres : qu’est ce que j’espérais ? A quoi je jouais ? Qu’est ce que je voulais prouver en agissant de la sorte ? Une idée que j’avais encore du mal à percevoir se formait dans mon esprit :

❝ ▬  Il y a certainement des cours pour apprendre le vocabulaire corporel mais je doute qu’ils en existent pour ton âge. Je dois néanmoins te mettre en garde contre ce genre de langage. Il est utile de connaître ses principes, mais il faut savoir l’utiliser à bon escient. Certains ont utilisé ses préceptes dans de nombreuses circonstances : beaucoup de fois, ça a pu leur sauver la vie, mais à quel prix ? Là est la question qu’il faut se poser. L’apprentissage est différent pour chacun d’entre nous : le plus important étant de différencier deux conceptions : la domination du monde et la compréhension du monde. Bien trop souvent la compréhension passe en domination. Les uns te diront qu’il faut comprendre pour savoir, les autres t’affirmeront qu’il faut savoir pour comprendre. Ne cherche pas à savoir qui a raison puisqu’ils ont, tous les deux, un peu tort. Pour avancer, il va t’en falloir du savoir. Mais qu’est-il si tu ne sais pas ? Là résides la magie des théories contradictoires. Qui a vu le jour en premier : l’œuf ou la poule ? Ne me regarde pas comme ça, petit homme, tu as sept belles années devant toi : elles te permettront d’apporter quelques réponses à cette épineuse question que te posent ces théories saugrenues. Et, crois-moi sur parole, cette aventure vaut un petit détour : c’est fou tout ce que l’on peut apprendre en fouillant dans les méandres de la connaissance. ❞

La bouilloire sonna, indiquant que l’eau était chaude. Je me levais et vins verser le liquide sur les feuilles de thé. Je fermais la théière pour éviter que les vapeurs aillent voir ailleurs. J’étais parti dans de grandes explications : je savais où je voulais aller, mais était-ce le cas de mon interlocuteur ? Parfois, j’oubliais son âge : est-ce que je ne lui en demandais pas un petit peu trop ? Ce qui me chagrinait, c’est qu’il donnait cette impression de ne pas être très impliqué dans ce que je lui avais dit avant mes deux longues tirades. Il croyait seulement comprendre au lieu de tenter l’aventure ; il y avait beaucoup de ce « vous » de politesse : il ne s’appropriait pas les données que j’avais mis à sa portée. Etait-ce un mal d’être prudent ? Non ? Néanmoins, je n’étais pas sur que la prudence y soit pour quelque chose. Certes, il avait longuement réfléchi, mais il n’était pas sur ses gardes. Etait-ce ça la confiance ? Non, non, non, je devenais nostalgique. La dernière fois que j’avais accordé ma confiance à quelqu’un, j’étais tombé si bas. Bien sûr, il y avait grand-père. Bien sûr, il y avait papa et maman. Mais, ce n’était pas vraiment pareil. Je secouais la tête : non, je ne leur dirais pas. Je revins à la réalité. J’eus honte de moi : je venais de faire la moral à Llewellyn et j’étais incapable d’appliquer ma propre politique à ma personne. C’était pathétique. De quoi avais-je peur ? Que cet élève de première année fasse tomber les barrières que j’avais mis si longtemps à construire ? Je le connaissais à peine. Inconsciemment, je m’étais mis à jouer avec le bracelet brésilien qui se trouvait à mon poigné droit. Je dus m’y reprendre à plusieurs fois avant de réussir à prendre la parole d’une voix sereine et posée :

❝ ▬  Pour en revenir à mon premier discours,  celui-là que tu as commencé à t’approprier il y a quelques instants de cela, je dirais que tu as compris l’essentiel. En vérité, la vie est beaucoup plus complexe que cela : pour éviter de t’embrouiller l’esprit, nous allons, pour le moment, mettre de côté ce débat. Nous allons nous concentrer sur tes dires, et je te prouverais que le vocabulaire est tout aussi important que le corps. Les mots que tu emploies sont une porte ouverte vers ton âme. Ton discours peut faire douter ton interlocuteur. Bien que je pense que tu ais compris la partie immergée de l’iceberg, il n’en reste pas moins que tu reste totalement détaché de ce que tu avances. Tu crois seulement comprendre quand la vie te propose un premier concept. N’est ce pas meilleure action que de tenter le tout pour le tout ? Croire ne veut pas dire savoir. En revanche, savoir te permet de croire. Ce que j’essaie de t’expliquer, Llewellyn, c’est que les mots que l’on ajoute les uns après les autres ne sont pas anodins. Tu pensais peut-être à voix haute, mais le monde ne s’attardera pas sur ton discours. Il l’écrasera sans aucune objection, et si tu ne fais que croire, alors tes convictions ne valent rien du tout. Ne crois pas, sais. Sais pour pouvoir croire. Certes, je conseille et je dis, mais qu’est ce que cela t’apporte ? Mes paroles seront balayées par le vent lui-même si tu ne te fais pas ta propre opinion. Tu mettras certains sujets de côté car à tout âge suffit sa peine. Tu verras, chaque événement sera propice à la réflexion, même les plus douloureux. Apprends à vivre avec ; cherche à les comprendre, ne leur laisse aucun répit car eux ne seront pas tendre avec toi ; chéris les moments de bonheur, ils sont aussi rares qu’uniques ; apprends de tes erreurs comme de tes victoires ; ne t’apitoies jamais sur ton sort, c’est une porte ouverte vers une mort certaine, c’est une faiblesse que tes ennemis s’empresseront de garder grande ouverte, comme une plaie qui, en saignant, attirera mouches, rats et autres créatures. ❞

J’aurais pu continuer ainsi pendant un moment mais, il fallait remettre les choses à leur place, j’étais professeur d’histoire de la magie, et point autre chose. Pour sûr que j’aurais pu lui apprendre ce que je savais sur le langage corporel et sur le vocabulaire : c’était un chemin et plein d’embûches, mais une fois que nous avions commencé à le parcourir, c’était un autre monde qui s’offrait à nous. Oui, une terre étrange qui ne nous avait encore rien livré de ses mystères. Je ne ferais rien tant que mon jeune élève n’en aurait pas formulé le souhait. Je repris mon air de professeur et finis par dire :

❝ ▬  La salle sur demande a été créée par Rowena Serdaigle, l’une des quatre fondatrices de notre école. Elle se trouve quelque part au septième étage, je ne sais pas où exactement ? Ce que nous pourrions faire, c’est partir à sa recherche. Je n’ai jamais voulu retenir son emplacement exact : je trouve ça plus excitant de partir à l’aventure à chaque fois. Que dirais-tu que nous partions en explorations ? ❞

Je murmurais, après quelques instants de réflexion :

❝ ▬ La salle sur demande sera un très bon lieu pour cacher le grimoire. ❞







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"Nothing in life can't be improved by a cup of tea." de Pamona Falk, élève à Serpentard.
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MessageSujet: Re: Dans toutes les larmes s'attarde un espoir (PV Llew')   Mer 13 Jan 2016 - 21:28
Llewy avait la tête qui tournait. Voir, savoir, comprendre, croire, apprendre, vivre, toutes ces notions tournaient en boucle dans sa pauvre petite tête qui menaçait de surchauffer. Il n'était même pas sur de saisir la nuance entre elles.

- Je suis désolé, professeur, mais je crois que ça devient trop compliqué pour moi ... J'apprécie beaucoup que vous vouliez m'aider, et j'ai déjà un peu moins peur d'être ici ... d'avoir le droit d'y être. Je ne comprends pas encore tout, je viens de découvrir le monde magique, mais je crois qu'on ne m'en voudra pas toujours, du moins pas tout le monde, de mes erreurs, si elle m’apprennent quelque chose. Ne pas faire deux fois les mêmes bêtises, ça, j'ai compris. Quand à la confiance vis-à-vis des autres, ça peut être dangereux, mais la vie EST dangereuse, alors je vais devoir essayer ... Mais c'est sur que je commencerai à petites doses !

Comme le thé, d'ailleurs, merci.


Le petit Serpentard s'était levé, puis avait passé sa main sur son postérieur, comme pour défroisser sa robe d’étudiant, ou chasser d'imaginaires poussières. Il tendit la main pour arrêter le professeur à mi-tasse. Il s'assit à nouveau sur la chaise du début, et Bran sauta sur son épaule.

- Je crois bien que je vais apprendre le français, puisqu'un des historiens de ma famille écrivait dans cette langue ... Et l'allemand aussi, d'ailleurs.
Mais ce qui est sur, c'est que je dois pas aller trop vite non plus, sinon, j'apprendrai mal un peu tout, sans rien savoir sur rien.


Il écouta ensuite patiemment le professeur, jusqu'à ce qu'il lui parle de la salle sur demande. Il se permit un sourire. le Septième étage ? Une sorte de chasse au trésor ? Voilà qui lui semblait étrange de la part d'un adulte ...
Mais pourquoi pas, après tout, si le lieu était assez secret pour y cacher le grimoire des anciens élèves ...

- Si l'endroit est un secret, comment y aller sans se faire voir ? Je ne suis jamais allé si haut dans le château ...
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MessageSujet: Re: Dans toutes les larmes s'attarde un espoir (PV Llew')   
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Dans toutes les larmes s'attarde un espoir (PV Llew')
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